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 Chapitre 1 : La Création de Nifelmaes

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Féminin Nombre de messages: 316
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MessageSujet: Chapitre 1 : La Création de Nifelmaes   Dim 15 Jan - 16:15

La Naissance :

Celle-ci eu lieu il y a bien des millénaires. A une époque où les Anges et les Mortels, et même les Dieux, n'existaient pas encore.
Au départ, tout n'était que ténèbres et vide, seule la magie dans son état le plus primaire existait. Un vide glacial duquel naquirent dans un miracle inattendu deux esprits à l'origine de tout. Ils s'appelaient Kelios et Melios, et dès le départ il fut évident que leur nature opposée ne cesserait de les pousser à se confronter. Melios était un esprit ordonné, calme et constamment en quête de savoir, Kelios était plus brutal, borné et prenait plaisir à se disputer avec son jumeau.

Alors que les siècles passaient dans cet univers de ténèbres, Melios apprivoisait la magie pour donner vie à son imagination et faire naître durant quelques secondes les images qu'il avait à l'esprit. Kelios à l'inverse s'en servait dans un but plus malicieux, s'amusant à faire de mauvais tours à son jumeau.
Melios cherchait constamment à créer et Kelios à détruire ce que son jumeau inventait.
A force tous deux en vinrent à se haïr et se séparèrent durant un temps, vaquant chacun à leurs occupations.
Mais l'ennui les guetta tous deux rapidement.
Melios eut alors une idée et mit à profit la magie qu'il avait apprivoisée. Il créa la matière et modela une sphère de cristal à partir de celle-ci. Kelios, curieux, observa son jumeau en se demandant ce qu'il allait encore inventer. Il tournait autour de lui en le questionnant " à quoi cela allait-il lui servir ? " Et finalement, il se moqua en que cette sphère n'avait guère d'utilité et qu'il valait mieux la briser.
Melios et Kelios se disputèrent la sphère avec violence et en vinrent à se battre en faisant appel à leurs pouvoirs. Kelios convoqua tout d'abord un élément inconnu qu'il nomma " feu " et celui-ci se répandit dans les entrailles de la sphère, menaçant de la détruire. En réponse, Melios convoqua " la terre " et rendit la sphère suffisamment solide pour résister aux assauts du feu dévorant. Celui-ci fut tout d'abord contenu à l'intérieur puis la terre se craquela, créant des rivières de cette matière brûlante. Elle se souleva aussi et ses bosses se mirent à cracher le feu ardent. Mais elle ne se brisa pas.
Melios était toutefois furieux du résultat et, tout en insultant son jumeau, en appela à " l'eau " pour refroidir ce cœur de braise. Mais l'eau et le feu étaient de force équivalente, tous deux cohabitèrent. L'eau à la surface en se fondant dans les rivières et les lacs, le feu au plus profond de la terre, prêt à surgir du haut des montagnes.
Kelios se moqua de son frère en voyant son échec et inventa une autre force pour mettre la sphère en miette. Il la nomma " air " mais, contrairement à ses espoirs, l'air ne put vaincre l'alliance de la terre, de l'eau et du feu, et devint partie intégrante de la sphère. Il forma un voile protecteur qui séparait celle-ci du vide ténébreux…

Melios et Kelios arrêtèrent un instant cette dispute qui les avait tout deux épuisés et considérèrent d'un air curieux leur création.
Melios eut alors une idée et usa du feu créé par son frère pour former une nouvelle sphère à proximité de la première afin de l'éclairer. Il observa ensuite et remarqua que l'eau s'évaporait dans l'air pour former des nuages. Mais la surface de la terre s'assécha de plus en plus sous l'influence de cet astre brillant et brûlant, et Kelios railla de nouveau. Il fallait trouver un moyen de réduire l'influence de cet astre si Melios ne voulait pas perdre sa précieuse sphère de terre.
L'esprit chaotique se mit à la tâche en constatant que son frère ne trouvait guère de solution. Pour la première fois, il parvint à ordonner quelque chose. Il commença par éloigner la sphère de feu de l'autre et à la faire tourner autour de celle-ci, afin qu'elle n'éclaire qu'une partie de la sphère et seulement pour un court temps. Il nomma la période dans laquelle une partie de la sphère était plongé dans la pénombre, " la nuit ". Il forma ensuite une troisième sphère, à base de terre, et la fit tourner autour de la toute première. Il s'agissait de l'astre de la nuit, " la lune ".
Melios baptisa alors la période où la lumière agissait, " le jour ", et l'astre de feu, " le soleil. " Et la première sphère qu'il avait créé ? Il choisit de l'appeler " monde ". Mais il décida ensuite qu'il n'était pas normal que le soleil, astre si brillant, tourne autour du monde, et il inversa le système. Faisant du soleil le centre et du monde un astre gravitant autour, la lune tournant elle-même autour du monde.
Melios et Kelios observèrent durant longtemps ce mécanisme avec émerveillement.
Puis tout deux remarquèrent d'étranges changements à la surface du monde.

Les volcans s'étaient calmés et de larges zones d'eau s'étaient formées, séparant la terre en plusieurs segments. Et sur ces segments, ainsi que dans l'eau, d'étranges choses étaient apparues.
Melios se pencha et nomma cela " la vie ", car il avait constaté que contrairement à la terre, à l'air, à l'eau et au feu, ces choses bougeaient et agissaient avec intelligence, comme lui et son jumeau. Elles se nourrissaient aussi d'autres espèces, ce que par contre les deux esprits ne connaissaient pas. La faim était un mystère.
Kelios constata toutefois que la vie devenait trop importante et que si cela continuait ainsi, elle finirait par se détruire elle-même, en emportant le monde avec elle. Voyant la tristesse de Melios, qui ne savait encore une fois que faire, l'esprit chaotique décida de mettre un terme à la vie en créant " la mort ". Les deux principes obéirent alors à un cycle, naissance et décès, et l'équilibre revint en ce monde qui s'appellerait bien plus tard Nifelmaes.

*~*


Maes, les dieux :

Malheureusement, Melios, qui était des deux jumeaux le plus faible, souffrait de toute cette énergie mise à la création de cet ensemble. Il s'affaiblissait à vue d'œil et, pour la première fois, Kelios se rendit compte qu'il ne pourrait se passer de son double si ordonné.
La mort qui était son invention pouvait-elle donc les toucher aussi, s'ils devenaient trop faibles ? Tous deux en étaient effrayés et Melios plongea dans un long sommeil réparateur afin de guérir.
Attristé par son absence, Kelios n'avait plus le courage de veiller sur le monde. Il mit ce qu'il avait de pouvoir pour créer de nouvelles entités, à l'image de son frère et de lui. Il les nomma dieux (ou Maes dans leur langue sacrée) et leur donna pour ordre de diriger le monde durant l'absence des deux esprits de la création.

Kelios s'endormit à son tour au côté de son jumeau et leur essence entremêlée fit naître les derniers astres, ceux de la voûte céleste, les étoiles. On raconte depuis que lorsque l'ordre et le chaos s'éveilleront de nouveau, les étoiles disparaîtront du ciel et le monde connaîtra de grands bouleversements, qui l'amèneront peut-être à sa destruction. Cet événement futur est appelé le Kantabe'lun. Le fait est que nul ne sait ce qui arrivera, même pas les dieux…

Les descendants de l'ordre et du chaos étaient relativement nombreux. Chacun avait été créé par rapport à une facette de Kelios ou Melios. Ainsi trouvait-on le dieu solaire et la déesse lunaire, tous deux étant accompagnés constamment de la déesse de la vie et de celle de la mort, du dieu des arts et de la déesse de la guerre, des deux jumeaux régissant l'eau et la terre et leurs alter ego agissant sur le feu et l'air. Le mystérieux dieu du temps et du destin, le premier d'entre tous, dieu qui ne tenait ni de Kelios, ni de Melios, se montrait quant à lui discret, ne se mêlant pas à ses autres frères.

Ces premiers dieux quittèrent les cieux ténébreux peuplés d'étoiles en façonnant grâce à leur magie un monde pour eux.
La déesse de la vie fit naître un gigantesque arbre au centre du plus grand continent du monde, Emeryl. Cet arbre dépassait même les nuages en hauteur et fleurissait tout autant à la lumière du soleil qu'aux ténèbres de la lune.
L'eau, la terre, l'air et le feu mirent leur savoir en commun pour former à l'intérieur du feuillage de cet arbre un monde à part, une autre dimension, dénuée de limite. Le monde propre aux dieux, Dalemaes.
La déesse de la mort, qui malgré son rôle était touchée par le devenir des êtres vivants, se servit des racines de cet arbre pour créer la " rivière des âmes ". Les êtres qui mourraient désormais pouvaient se réincarner, leur essence étant préservée au pied de cet arbre que l'on nommerait Ylnemaes.

*~*


L'ambition des Maes, la création des races :

Mais les dieux finirent par s'ennuyer… Et par devenir vaniteux.
Ils cherchèrent un moyen de se distraire et la déesse de la vie rendit visite aux dieux de l'eau, de la terre, du feu et de l'air afin de modeler à leurs images de nouveaux êtres vivants. La déesse de la mort insuffla à cette création la mortalité.
Ainsi naquirent les Helden, les Mälden, les Yolden et les Alnden.

Les Helden, enfants des eaux, vivaient dans de petits villages près des bords de mers. Ils apprirent l'art de la navigation et de la pèche.
Les Mälden, enfants de la terre, vivaient au sein de bourgades importantes dans les plaines fertiles. Ils apprirent l'art de l'agriculture et devinrent aussi de formidables guerriers.
Les Yolden, enfants du feu, vivaient en tribus nomades dans les régions désertiques et arides, là où l'on pensait la vie quasiment impossible. Ils apprirent l'art de la forge et de la guerre, pillant leurs voisins pour survivre en ces lieux hostiles.
Les Alnden, enfants de l'air, vivaient quant à eux dans leurs forteresses au cœur des montagnes inaccessibles. Ils apprirent l'art de l'écriture et la science. Ils furent les premiers à se servir de la magie. Les autres peuples volèrent certains de leurs secrets et la connaissance se diffusa ainsi.
Mais ce ne furent pas les seules races à voir le jour. La déesse de la vie engendra d'autres êtres à l'image du dieu solaire et de la déesse lunaire. Ainsi naquirent les Anges. Etres immortels à la fois protecteur de Nifelmaes mais aussi messagers des dieux. Les Anges, de toutes les races, furent ceux qui apprirent le mieux à maîtriser la magie.
Enfin, d'une union non consentit entre le mystérieux dieu du temps et la déesse de la mort, naquirent les Norden… Aussi insaisissables et incompréhensibles que leur père, les autres peuples, ainsi que les dieux, ne tardèrent pas à les appeler 'démons'. Les Norden se nourrissaient d'âmes humaines et n'hésitaient pas pour satisfaire leur faim à passer des pactes auprès des mortels… Ils furent chassés sans répits par les Anges alors que le dieu du temps riait sous cape de ce tour qui, selon lui, amènerait des perspectives intéressantes dans le futur…

*~*


La guerre, la révolte et la damnation :

Il était toutefois vain de croire que les races vivraient en paix et en harmonie totale. Des guerres éclatèrent pour le plus grand plaisir des dieux qui aimaient ces distractions. Des guerres de religions, parfois, lorsqu'un dieu se disputait avec un autre. Tous usaient des mortels comme jouet et seuls les anges avaient une réelle compassion pour ces êtres. N'étaient-ils pas censés les protéger, envers et contre tous ? Les mortels étaient partis intégrante de Nifelmaes.

Est-ce le mépris et l'égoïsme des dieux qui amena une rébellion chez leur plus fidèles serviteurs ?
L'un d'eux se détourna de ses créateurs. Il fut le premier à trahir et fut suivit d'autres. Il se nommait Ezri et manipulait le feu comme aucun autre ne l'avait fait avant lui. Il osa braver les dieux et les accuser de leur félonie. Ils avaient corrompu le monde créé par leurs Pères et ils devaient être punis pour cela.
Ezri pour son audace fut puni et emprisonné dans un lieu tenu secret. Selon la légende, il est retenu au cœur de l'Ylmenaes même et torturé chaque jour par les plus fidèles serviteurs des dieux. Sa condamnation ne fut toutefois pas acceptée par tous et bientôt des Anges se détournèrent à leur tour des dieux. Quittant Dalemaes pour vivre au sein des mortels et leur apporter la vérité au sujet des dieux, ces êtres méprisables qui les manipulaient sans vergogne.
Par vengeance, les dieux marquèrent ces anges d'une malédiction terrible, afin qu'ils fussent hais par tous. La première marque rendant le regard aussi rouge que le sang. La seconde marque rendant la peau aussi pâle que le marbre. La troisième marque rendant le sang aussi toxique qu'un poison. Et la quatrième, obligeant les anciens serviteurs à se repaître de sang et de chair humaine.
Ces anges devinrent à leur tour des démons cherchant à détourner les mortels de la voie des dieux. Ils furent chassés et méprisés. Pour survivre, ils se fondèrent parmi les Norden, les seuls à les accepter car si semblables après tout. Eux aussi devaient se nourrir au dépend des autres races. Dévorer les âmes ou la chair, leur sort était semblable et peu enviable.

*~*


Emeryl, le coeur du monde :

Au départ, on raconte que le continent d'Emeryl avait été divisé équitablement par les dieux entre les quatre races, les Norden étant condamné à une vie d'errance. Les Helden avaient la mer, les îles et les côtes, les Mälden les plaines cultivables et les forêts, les Yolden les déserts et les Alnden les montagnes.
Hélas, ce partage, s'il n'est pas simple légende et a réellement existé, ne dura guère et, bientôt, des conflits violents éclatèrent. Parfois par ambition de la part des dirigeants, souhaitant agrandir leurs royaumes, parfois en raison de croyances entrant en conflit. Les royaumes d'Emeryl furent ainsi façonnés, à coups d'épée plutôt que de diplomatie. Les alliances ne duraient pas. Et les Norden, dans l'ombre, prenaient plaisir à user de ces rivalités pour se nourrir. Corrompre les rois et dévorer leurs âmes. Les dieux, amusés, n'intervenaient pas. Et les Anges pleuraient en comptant les morts sacrifiés pour le pouvoir.

La légende veut que ce soit les Yolden qui aient mis en premier le feu au poudre, par des invasions sanguinaires sur les terres Mälden. Une bataille en entrainant toujours une autre, les siècles passèrent sans que la paix ne soit faite durablement entre les peuples.
A la fin de ces guerres épisodiques, les Mälden dominèrent durant longtemps Emeryl, leur royaume s'étendant du Nord au Sud sans interruption. Les territoires Helden et Alnden se résumaient à quelques bandes de terre, les Yolden étaient reclus dans leur désert.
Mais les trois autres races se liguèrent contre le peuple dominant. Le royaume Mälden fut séparé en deux. Cette alliance ne dura pourtant pas et les trois autres races s'entredéchirèrent à leur tour durant deux siècles. Une bataille en amenant une autre.
Lorsque la paix, précaire, s'installa à nouveau, le visage d'Emeryl avait radicalement changé.

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Chapitre 1 : La Création de Nifelmaes

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